Déclaration de Limbe – Atelier de préparation post-Durban et Rio+20 avec la société civile africaine


Date de la référence: 
6 Mars, 2012

Par l'Alliance panafricaine pour la justice climatique

Déclaration de Limbe

Le 6 mars 2012, nous, délégués des organismes de la société civile africaine, suite à l’atelier d’évaluation post Durban, organisé dans la ville de Limbe, République du Cameroun, par l’Alliance Pan Africaine pour la Justice Climatique (PACJA), afin de préparer Rio+20.

Cliquez ici pour lire le préambule de la déclaration.

Propositions et résumés

Nous déclarons

1. Qu’étant donné que le concept d’économie verte a trouvé sa voie dans le débat international et y prend une place grandissante, ce concept doit être clairement exprimé aux gouvernements Africains et aux populations afin d’éviter les éventuelles sanctions. Ce concept ne doit pas être utilisé comme outil pour détourner ou ralentir le droit au développement des pays africains.

2. Qu’il est nécessaire d’identifier les outils et les coûts de l’économie verte et que celle-ci ne doit pas être imposée par des intérêts étrangers qui fuient leurs responsabilités historiques.

3. Que ce concept doit permettre d’assurer à l’Afrique une croissance à faible intensité de carbone, ce qui facilitera le transfert de technologies vertes adaptées, des pays industrialisés vers l‘Afrique. Que les ressources en énergie renouvelable de l’Afrique doivent être considérées comme un atout.

4. Que les actions vers l’économie verte ne doivent pas augmenter les inégalités sociales et que les revenus générés par l’investissement en Afrique doivent revenir au peuple africain et contribuer à la réduction de la pauvreté. Que l’économie verte ne doit pas être un marché qui ne bénéficie qu’aux entreprises, au détriment des populations africaines.

5. Que l’économie verte en Afrique doit combattre les contraintes structurelles sous jacentes qui désavantagent les femmes et les groupes vulnérables. Les femmes et les groupes marginaux doivent donc directement bénéficier de la transition vers l’économie verte, et être considérés plutôt comme des acteurs clés dans l’architecture de l’économie verte que comme des victimes.

6. Que l’économie verte ne doit pas augmenter les impacts environnementaux négatifs, tels que l’expansion de la biodiversité, la dégradation de l’environnement, la monoculture, l’accaparement et l’occupation des terres qui menacent la sécurité et la souveraineté alimentaires. Que les principes de précaution doivent être respectés et qu’il sera nécessaire de réaliser une EES et une EIE avant de réorienter les politiques.

7. Qu’afin de promouvoir la conservation des écosystèmes, la gestion de l’environnement en Afrique doit favoriser la reconnaissance des droits des peuples indigènes, leur garantissant le libre accès et le maintien sur leurs terres ancestrales, en leur en donnant la gestion totale. Qu’en tant que détenteurs, depuis des générations, des droits fondamentaux sur les ressources naturelles, les peuples indigènes doivent participer aux débats et aux décisions qui concernent leur environnement;

8. Qu’afin que la gouvernance environnementale soit une réalité, les citoyens doivent pouvoir s’investir à tous les niveaux de prise de responsabilités, nationalement et internationationalement.

9. Que les gouvernements africains doivent accélérer la mise en œuvre du principe 10 de la déclaration de Rio, en appliquant d’abord les lignes directrices élaborées par le PNUE, et en adoptant ce Principe 10 via une convention africaine.

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